INSTITUT DU POULET BICYCLETTE 

Chaque matin je me reveille en me disant, convaincu, que quoi que nous faisons, nous n’en faisons pas assez ! Il faut faire plus, il faut faire mieux !

Un souvenir m’est remonté ce matin. Je ne sais pas pourquoi spécialement. En août 2012 je participais en Suède au Congrès annuel de la Fédération Internationales des journalistes agricoles. Je me rappelle à cette occasion comment un éleveur de mouton, réputé produire l’une des meilleures viandes de mouton dans le pays, avait été mis en lumière, invité à la soirée gala pour expliquer comment il élevait ses moutons, ses défis, etc. J’avais été particulièrement impressionné par l’attention qui lui était accordée. Lui, éleveur de mouton !

Ce matin ce souvenir me remonte et je me dis qu’il y a quelque chose de bon en à tirer en faisant le parallèle avec mon pays. Une idée qui part de là, mais qui n’a rien d’autre à avoir : créer un « institut du poulet bicyclette » !

Le ministère des ressources animales pourrait me répondre en disant qu’on a déjà le Centre de Promotion de l’Aviculture Villageoise. C’est vrai. Mais ce dont je parle est tout à fait autre chose quo part de l’idée que le “poulet bicyclette” est devenue une institution au Burkina Faso. C’est l’une des excitations des visiteurs occasionnels ou réguliers du pays.

En parlant d’institut, il s’agit de créer un espace plus ludique que technique, plus touristique qu’opérationnel qui permettrait aux visiteurs de découvrir en vidéo l’histoire et le cycle de production du poulet bicyclette et boucler la boucle dans un espace de dégustation. Ça serait surtout l’occasion de mettre en valeur nos producteurs et productrices de volaille. Faire de l’élevage de la volaille locale une science presque exacte mais surtout sexy ! Créer un espace où les familles aimeraient se rendre le weekend. Car en réalité ici à Ouaga, à part les débit de boisson, il n’y a pas grand chose à voir en famille week-end et jours fériés.

Une pierre deux coups !

En institutionnalisant ainsi le poulet bicyclette, on donnera parallèlement un coup de fouet à la production traditionnelle améliorée. Ce qui supposerait de mobiliser toutes les énergies pour imaginer l’habitat idéal selon les types d’élevage, les recherches sur l’alimentation et la santé de la volaille, et aussi pour la création de centres de collecte (achat aux producteurs selon le poids par exemple) et d’abattage (contrairement à la pensée populaire, l’hygiène ne fait pas de mal, au contraire !) auprès de qui les grilleurs de poulet pourraient s’approvisionner en toute sécurité (surtout pour le consommateur).

L’idée étant que les choses ne prennent de la valeur que quand elles sont bien encadrées. Il ne fait aucun doute qu’on peut éradiquer la pauvreté en milieu rural dans ce pays rien qu’à travers l’aviculture traditionnelle améliorée.

Inoussa Maiga

Consultant dans les domaines des médias et la communication participative pour le développement, je m'investis pleinement dans les questions de développement agricole et rural.

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