Abandon du coton OGM : en attendant les excuses publiques de nos dirigeants !

Après une décennie de tâtonnement, le Burkina Faso trouve enfin le courage de renoncer au coton génétiquement modifié

Après une décennie de tâtonnement, le Burkina Faso trouve enfin le courage de renoncer au coton génétiquement modifié

« Le coton OGM est une production d’avenir en ce sens qu’elle va réduire les coûts de production pour les paysans en éliminant 4 des 6 ravageurs du cotonnier qui existent au Burkina », déclarait Salif Diallo le 29 septembre 2006. Il était alors le tout puissant ministre burkinabè de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques.

Aujourd’hui encore plus puissant, Président de l’Assemblée nationale, Salif Diallo assiste à une décision fracassante prise en conseil des ministres le 13 avril 2016 d’abandonner progressivement la production du coton génétiquement modifié au Burkina Faso.

Encore que le seul motif évoqué pour expliquer ce revirement reste les pertes économiques. Oubliant ainsi les impacts sociaux, moraux et environnementaux occasionnés par l’introduction forcée de ces semences assassines dans nos villages.

Ainsi donc le Burkina Faso renonce à la culture du coton génétiquement modifié. Cette « production d’avenir » ;). Autant croire que le pays a son avenir derrière lui 🙁 🙁 🙁 .

Alors que dans le passé le coton burkinabè était réputé pour la qualité de sa fibre que l’on qualifiait de longue, résistante et uniforme, aujourd’hui plus personne n’en veut sur le marché mondial.

En voulant soit disant « réduire les coûts de production pour les paysans », on a détruit des vies, des familles. Des paysans se sont suicidés au Burkina Faso à cause des pertes occasionnées par la culture du coton génétiquement modifié.

Ceux qui pendant des années ont mis en garde face aux dangers de cette culture pour l’économie, l’environnement, la société burkinabè ont tout simplement été traités de menteurs. Aujourd’hui, qui sont finalement les menteurs ?

Après une décennie d’application de politiques hasardeuses, voulues, promues et soutenues par des personnalités du régime en place, on décide tout bonnement de revenir à la case départ : la culture du coton conventionnel. Comme si de rien n’était !

Si l’on s’accorde tous aujourd’hui sur le fait que l’introduction du coton génétiquement modifié a été une erreur, il est indispensable de situer les responsabilités, de faire la lumière sur toutes les conséquences directes et indirectes de cette culture.

Nos politiciens doivent reconnaître leurs torts et présenter des excuses au monde paysan pour avoir aidé Monsanto à détruire socialement et économiquement une des filières agricoles porteuses du pays.

Inoussa Maiga

Consultant dans les domaines des médias et la communication participative pour le développement, je m'investis pleinement dans les questions de développement agricole et rural.

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