Coton OGM : le Burkina Faso recule-t-il pour mieux sauter ?

Le coton du Burkina Faso perd de sa valeur à cause de la mauvaise qualité de la fibre des semences OMG

Le coton du Burkina Faso perd de sa valeur à cause de la mauvaise qualité de la fibre des semences OMG

Beaucoup ont cru à un début d’abandon de la production du coton génétiquement modifié au Burkina Faso. Mais c’est tout le contraire. L’interprofession du coton veut plutôt « reculer pour mieux sauter ».

Début juin 2015, le journal Jeune Afrique faisait cas d’une décision de l’interprofession du coton du coton « d’arrêter, progressivement et d’ici à trois ans, l’utilisation des semences OGM de la firme américaine Monsanto » (cf. « Le Burkina dit stop aux OGM de Monsanto »). Une décision qui serait liée toujours selon le journal aux « rendements, moins élevés que ce qui était annoncé dans le contrat, et la qualité de la fibre de coton, qui n’est pas au rendez-vous ».

Réduire n’est pas arrêter

Selon le président de l’Association Interprofessionnelle du Coton au Burkina (A.I.C.B), Karim Traoré, « il ne s’agit pas d’un abandon. Nous avons décidé de réduire les superficies du coton OGM le temps que la recherche améliore la qualité des semences et la longueur de la fibre ».

Loin d’être un abandon définitif des semences de coton OGM de Monsanto, ce recul est, selon le président de l’AICB, un moyen de mettre la pression sur la firme américaine pour qu’elle améliore le plus vite la qualité de ses semences. Peut-on dire que l’interprofession reculer pour mieux sauter ? « C’est exactement cela », répond Karim Traoré.

En rappel, c’est depuis 2008 que le Burkina Faso, aujourd’hui premier pays africain producteur de coton avec 750.000 tonnes, a lancé la production à grande échelle du coton génétiquement modifié. Une production de quantité qui a progressivement perdu en valeur, la faute à une piètre qualité de la fibre. Depuis, des voix s’élèvent, notamment au sein des producteurs, pour demander l’arrêt de la culture du coton OGM.

Inoussa Maïga

Inoussa Maiga

Consultant dans les domaines des médias et la communication participative pour le développement, je m'investis pleinement dans les questions de développement agricole et rural.

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