Burkina Faso : des hommes INTÈGRES…toujours DÉPENDANTS !

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(c): I. Maïga

En mettant fin au régime corrompu de Blaise Compaoré, ce dirigeant-marionnette qui s’éternisait au pouvoir, chassé en plein midi par un peuple indigné, le Burkina Faso a retrouvé une partie de sa dignité. Mais le combat le plus dur et le plus urgent à mener est et demeure l’atteinte d’une SOUVERAINETE ALIMENTAIRE.

Nous avons apporté au monde une nouvelle preuve de notre intégrité, mais notre dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur nous condamne dans un avilissement inacceptable dans un Burkina NOUVEAU, le Burkina d’une jeunesse qui aspire à toujours plus de liberté, de respect et de dignité. Nous devons reconquérir notre droit et notre capacité à produire ce dont nous avons besoin pour notre propre alimentation.

J’ai l’occasion de voyager un peu et franchement, j’en ai marre de cette image de « pays pauvre dévasté par la misère et la faim » qui semble collée à mon passeport pour ne pas dire à mon visage.

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(c): I. Maïga

La situation alimentaire au Burkina Faso aujourd’hui est juste une aberration. Nous sommes 17 millions d’habitants et 80% d’entre nous travaillent dans l’agriculture. On chante à tous les jours que le succès notre pays repose sur l’agriculture. Mais la situation de nos agriculteurs est des plus décevantes. Laissés à eux-mêmes, de nombreuse familles d’agriculteurs croupissent dans la misère. La faute de mauvais choix et orientations politiques.

De sorte que pour de nombreux jeunes, devenir à agriculteur est soit une occupation temporaire, « en attendant mieux », ou carrément un aveu d’échec social. Il est temps que tous ensemble nous travaillions à redorer le blason des métiers liés à l’agriculture.

Le régime de Blaise Compaoré a fait un pari sur le secteur minier, l’or notamment, et cela n’a fait que fissurer davantage notre société en accentuant les inégalités. Les jeux sont ainsi faits : les pauvres progressent dans leur pauvreté et les riches dans leur richesse. C’est le progrès pour tous.

Pourtant, l’agriculture se présence comme le secteur qui peut mettre tous les Burkinabè d’accord, elle est pour nous une mine inépuisable, pour peu qu’elle se réinvente continuellement. D’ailleurs tout l’enjeu se résume dans cette déclaration du Président Thomas Sanakra : « Il faut réussir à produire plus, produire plus parce que c’est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés ». Celui-ci nous invitait alors à ne consommer que ce que nous contrôlons. Car c’est selon lui « la seule façon de vivre libre et de vivre digne ».

Inoussa Maiga

Consultant dans les domaines des médias et la communication participative pour le développement, je m'investis pleinement dans les questions de développement agricole et rural.

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