A la reconquête du « Pays des hommes intègres »

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Après plusieurs mois de tension et surtout 48 heures de confrontations multiples, l’horizon s’éclaircit au Burkina Faso. Peu à peu le flou disparaît et la tension baisse d’un cran. On y voit plus clair au sommet de l’Etat. Le dictateur Blaise Compaoré, assassin du Président Thomas Sankara, a été balayé et toutes ses ordures avec. Cela avec l’assentiment divin : une pluie combien bienfaisante !

Un nouveau soleil se lève au Burkina Faso. Je me refuse de dire « au Pays des hommes intègres » pour une seule raison: on a tous dérapé et cela depuis 1987. Ce pays a vu ses valeurs d’intégrité s’effriter au fil des ans. Nous avons renié l’honnêteté et glorifié la course effrénée à la richesse, on a tourné le dos à la solidarité et promu l’égoïsme et l’individualisme comme nouvelles valeurs sociétales.

Aujourd’hui, profitant de cette cassure, c’est l’occasion de remettre en avant ces valeurs d’humanisme, d’ardeur au travail, d’honnêteté, bref nous devons repartir à la conquête de ce « Pays des hommes intègres ».

Pour un développement endogène basé sur l’agriculture

« Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons ! », disait le Président Thomas Sankara. Plus qu’une déclaration, cette formule constitue un réel programme de développement. Les voies du développement sont multiples. Mais le Burkina Faso trouvera plus rapidement son salut à travers un développement réel du secteur agricole et du monde rural.

Il est temps d’apporter un soutien réel aux familles d’agriculteurs et d’aller vers la professionnalisation de l’activité agricole. Les agriculteurs ont besoin d’être formés, d’accéder au financement et aux facteurs de production, d’être sécurisé sur leurs terres, d’avoir accès à des marchés porteurs. Notre développement sera rural ou ne sera pas.

Le développement du « Burkina Faso nouveau » dépendra aussi de la capacité de ses dirigeants à mobiliser les jeunes de tous profils à s’engager dans le secteur agricole et dans le développement d’activités connexes. Nous sommes bien dans un pays où chacun des 17 millions d’habitants à l’honneur d’être fils/fille ou petit-fils/petite-fille d’agriculteurs. Il faut alors renouer les liens et les renforcer. L’agriculture est notre chance, notre salut s’y trouve.

Inoussa Maiga

Consultant dans les domaines des médias et la communication participative pour le développement, je m'investis pleinement dans les questions de développement agricole et rural.

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4 réponses

  1. Ariel.D dit :

    Billet très poignant au lendemain de tout ce qu’a traversé ton pays ces dernières semaines cher Inoussa. A travers ce billet, on comprend tout le bien-fondé de la nécessité de reconquérir le « Pays des Hommes Intègres ». En cela, je pense qu’on peut emprunter beaucoup d’éléments à la vision du Président Thomas Sankara. Lorsqu’il s’agit de parler du développement endogène, cet homme était vraiment en avance sur son temps: sécurité alimentaire, autosuffisance alimentaire, puissance alimentaire, émancipation des femmes, frein à la désertification… bref, de quoi faire tout un programme de développement comme tu dis: après tout ne dit-on pas qu’aux Âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années?!

    • Inoussa Maiga dit :

      Merci cher Ariel pour ton commentaire. Je suis d’avis avec toi que les pensées de Thomas Sankara, plus que jamais d’actualité, ouvre des opportunités énormes, pas uniquement pour le Burkina Faso, mais pour les peuples d’Afrique notamment qui aspirent à un mieux-être. L’agriculture a été par le passé, est aujourd’hui et continuera d’être le fondement de tout développement humain. Pour nous africain, l’agriculture est la voie royale vers l’émancipation. Car, comme l’a dit l’historien Joseph Ki-Zerbo, « celui qui dort sur la natte d’autrui, dort par terre ». Qu’en est-il donc de celui qui « confie son ventre à autrui »?

      • Ariel.D dit :

        Tu ne crois pas si bien dire mon cher . et nul besoin de réinventer ces pensées qui sont plus que jamais d’actualités. courage par ailleurs dans des grandes entreprises et initiatives pour un développement rural et agricole inclusif. chacun de nous devrait apporter sa contribution si modeste soit-elle.

  1. 4 novembre 2014

    […] A la reconquête du « Pays des hommes intègres », par Inoussa Maïga, journaliste spécialisé dans le développement rural […]

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