Oui à l’innovation ! A condition que les petits agriculteurs familiaux en aient la propriété

Crédit photo: MédiaProd

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Sur les 570 millions d’exploitations agricoles dans le  monde neuf sur dix sont gérées par des familles. Ce qui montre la prédominance de l’agriculture familiale, gardienne d’environ 75 pour cent des ressources agricoles mondiales.

Pourtant, les exploitations agricoles familiales sont parmi « les plus vulnérables à l’impact de l’épuisement de ces mêmes ressources et aux effets pervers du changement climatique », selon un nouveau rapport des Nations Unies publié le 16 octobre 2014.

Intitulé « La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2014 », le rapport identifie trois défis auxquels sont confrontés les exploitations agricoles familiales. Le premier défi est « d’accroitre leur production pour couvrir les besoins du monde en termes de sécurité alimentaire et de nutrition ». Le second défi est « assurer la durabilité de l’environnement pour protéger la planète et maintenir leurs propres capacités productives ». Et enfin le troisième défi est « d’améliorer leur productivité tout en diversifiant les moyens d’existence pour échapper à la faim et à la pauvreté. »

Ouvrir l’agriculture familiale à l’innovation !

« Pour relever tous ces défis, les exploitations agricoles doivent s’ouvrir à l’innovation », selon le rapport qui invite le secteur public, en concertation avec les agriculteurs, les organisations de la société civile et le secteur privé, à améliorer les systèmes d’innovation dans l’agriculture. C’est par l’innovation que l’agriculture familiale peut assumer sa responsabilité d’assurer une sécurité alimentaire mondiale, soutient le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.

Mais que faut-il entendre par innovation ? « Il y a innovation quand des individus et des groupes adoptent des idées, des technologies ou des processus nouveaux qui, s’ils s’avèrent intéressants, se répandent à l’échelle des communautés et des sociétés », décrit le rapport qui ajoute que le processus est complexe, fait intervenir de nombreux acteurs et ne peut pas fonctionner en vase clos. « Un système d’innovation agricole comprend, entre autres choses, l’environnement économique et institutionnel général favorable dont tout agriculteur a besoin. Les services de recherche et de conseil et des organisations de producteurs agricoles efficaces sont deux autres composantes essentielles », note le rapport.

Une innovation entre les mains des exploitations agricoles familiales

OUI à l’innovation. Mais à condition que les exploitations agricoles familiales en aient la maitrise. Autrement, elle ne servirait plier des millions d’agriculteurs familiaux au service du secteur privé. Comme c’est le cas avec les semences hybrides ou génétiquement modifiées.

Le rapport souligne bien cette condition en notant que « les politiques censées catalyser l’innovation devraient aller au-delà des transferts de technologie. Elles devraient être inclusives et adaptées aux conditions locales afin que les agriculteurs aient la propriété de l’innovation et elles devraient tenir compte du genre et des questions intergénérationnelles en impliquant les jeunes dans les questions concernant l’avenir du secteur agricole ».

Inoussa Maiga

Consultant dans les domaines des médias et la communication participative pour le développement, je m'investis pleinement dans les questions de développement agricole et rural.

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