Fin4ag : Son Excellence William Rutto a tort

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Les petites exploitations familiales sont indispensables à la stabilité et la vitalité sociales en Afrique

« Ça fait des années que l’on parle des petits agriculteurs et rien ne change. Je me demande très sincèrement si on peut compter sur cette forme d’agriculture pour nous sortir de la faim et de la pauvreté. Je n’en suis pas certain », a déclaré Son Excellence William Rutto, Vice-Président du Kenya.

C’était le 15 juillet dernier à Nairobi à l’occasion de l’ouverture officielle de la conférence internationale sur le financement de l’agriculture « Fin4ag » qui a vu la participation de 860 personnes de 81 pays différents de toutes les régions du monde.

« Mais j’espère me tromper ». C’était-il empressé d’ajouter. Effectivement vous avez tort, Excellence ! Les systèmes composés de petites exploitations familiales ont montré leur efficacité à jouer un rôle vital à la stabilité et la vitalité sociales. Dans la plupart des pays africains où le tissu industriel n’est pas suffisamment épais pour absorber une bonne partie de la population active, dont une proportion de population rurale peu qualifiée, l’agriculture familiale joue un rôle de stabilisateur social. Elle permet à des millions de personnes de tirer leurs moyens de survies, en dépit d’une longue série de contraintes.

Ça et là, on trouve de plus en plus de producteurs familiaux qui montrent leurs capacités à grandir raisonnablement en faisant de leurs exploitations de véritables entreprises rurales respectueuses de l’environnement et prospères au profit des familles entières.

Beaucoup de discours, très peu d’actions

Par contre le Vice-Président Kenyan a raison sur un point : il n’y a pas de grands changements depuis qu’on en parle. Là aussi est raison est évidente, on parle beaucoup plus qu’on agit.

Il y a beaucoup de discours en faveur de la promotion de l’agriculture familiale, mais très peu d’actions susceptibles d’accroitre l’accès des petits et moyens producteurs au financement.

Cela réduit les possibilités pour les petits et moyens producteurs à emprunter pour développer leurs activités, en intégrant des chaînes de valeur agricoles productives et profitables. On parle beaucoup, mais on n’agit pas assez. Or seul l’action induit le changement, pas le discours.

La lutte contre la faim en Afrique n’est pas une simple question de disponibilité de la nourriture sur le marché, mais de répartition équitable de moyens de production. Cela en vue de permettre aux petits et moyens producteurs de s’insérer dans ses segments de marchés précis, tout en continuant de produire également pour la consommation de leurs familles.

Inoussa Maiga

Consultant dans les domaines des médias et la communication participative pour le développement, je m'investis pleinement dans les questions de développement agricole et rural.

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