Accord de partenariat économique : Des alternatives crédibles ignorées !

Réunis à Dakar du 13 au 14 février 2014 pour évaluer le contenu du compromis obtenu entre les négociateurs de l’Union Européenne et de l’Afrique de l’Ouest sur l’Accord de Partenariat Economique (APE), des représentants de réseaux et plateformes régionales de la société civile ouest-africaine, et organisations nationales prennent acte de la décision de signer l’accord en négociation depuis plus de dix ans et qui a engendré de sérieuses menaces sur le processus d’intégration régionale suite à la signature des accords intérimaires par le Ghana et la Côte d’Ivoire. 

Une décision qui malheureusement ignore totalement plusieurs alternatives crédibles qui s’offraient à la région. Car selon une étude réalisée en 2012 par la Commission Économique pour l’Afrique (CEA, South Centre, 2012), le Ghana et la Côte d’Ivoire ont la capacité de supporter eux-mêmes leurs pertes de revenus.

Les deux pays signataires des accords intérimaires  » pourraient subir des pertes de revenus de l’ordre de 378 et 159 millions de dollars respectivement, en cas de mise en oeuvre de leur APE. Cependant, en cas de non mise en oeuvre de ces APE, les dépenses auxquelles leurs entreprises feront face, du fait des droits de douane additionnels sur le marché européen, seront de l’ordre de 51,9 et 121 millions de dollars respectivement. »

Une autre solution pour l’Afrique de l’Ouest était de mettre en place un Fonds régional de solidarité qui pourrait compenser les pertes de ces Etats. Ce fonds serait abondé grâce à un léger relèvement du prélèvement communautaire de la CEDEAO, la contribution de certains Etats exportateurs, notamment de pétrole, et de la contribution de partenaires extérieurs. Ceci sans préjudice de l’effort des pays signataires d’accords intérimaires.

Mais toutes ces solutions ont été ignorées. C’est alors que les participants à la rencontre de Dakar ont ont produite une déclaration qui a été remise au Président Sénégalais Maky Sall pour transmission à ces paires. Dans cette déclaration, ils donnent leur analyse de la situation et attirent l’attention des Chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest sur des aspects précis du compromis qui pourraient annihler les efforts de construction de la sous région.

Pour précision, ces représentants d’organisation de la société civile sont venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée, de la Guinée Bissau, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Sénégal et du Togo.

Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger la déclaration en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

DECLARATION POSCAO DAKAR

LISTE POSCAO

Crédits photo: bilaterals.org

Inoussa Maiga

Consultant dans les domaines des médias et la communication participative pour le développement, je m'investis pleinement dans les questions de développement agricole et rural.

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